Santé infanto-juvénille: Les religieux favorables à la planification familiale

Dans le but de poursuivre la vulgarisation des produits de Planification familiale (PF), le Cadre des religieux pour la santé et le développement (CRSD), en partenariat avec World Faiths Development Dialogue (WFDD), a décidé de sillonner six régions du Sénégal pour sensibiliser les responsables de daïras et les leaders religieux afin qu’ils puissent servir de relai. Mais aussi, c’est un moment fort pour lancer un plaidoyer envers les autorités pour l’utilisation des moyens modernes de PF.

enfant maladeLa situation de la santé maternelle et infantile liée à la reproduction est très préoccupante au Sénégal. En effet, les taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle restent toujours élevés avec 75 pour 1 000 enfants de moins de 5 ans, et 392 décès de femmes pour 100 000 naissances vivantes. Selon le président du Cadre des religieux pour la santé et développement, Cheikh Saliou Mbacké, « cette situation pourrait être réduite si les possibilités de la contraception étaient mieux connues et acceptées des populations qui pensent, à tors, que c’est contraire à la religion » et c’est un moyen d’inciter les jeunes à la dégradation des mœurs. Il a fait savoir que l’organisation qu’il dirige accompagne le Programme « moytu neff » du ministère de la Santé  pour pousser la population à adopter les nouvelles techniques de contraception afin de favoriser l’espacement des naissances, tout en révélant que le Sénégal, avec un taux de planification qui tourne autour de 24 %, est dépassé de très loin par certains pays de  la Uma islamique. « Là où le Maroc qui est un pays frère est à 64 % de taux de PF, l’Arabie Saoudite 35 % et  l’Iran 70 %, le Sénégal traîne derrière », a déclaré le consultant international en religion, paix et développement. Tout cela, selon toujours Cheikh Saliou Mbacké, est dû à la non implication des religieux dans ce processus, alors qu’ils ont leur mot à dire. « Nous allons apporter la contribution des différentes familles religieuses du Sénégal y compris les chrétiens pour satisfaire cette demande », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter: «Comme nous sommes des religieux nous allons puiser sur les enseignements pour montrer que l’islam et le christianisme ne sont pas contre les espacements de naissance. Ce travail nous a amené au Maroc et en Mauritanie, où des associations de femmes ont été sensibilisées sur cette pratique. Ce travail est fait en collaboration avec le ministère de la Santé».

Saliou Mbacké s’exprimait hier devant la presse en marge d’une conférence de presse tenue à Dakar pour plaider à l’utilisation des moyens modernes de PF à l’intérieur du pays. Cette plateforme regroupe huit pays francophones de la sous-région Ouest africaine. Le thème de cette rencontre est axé sur : « La santé de la mère et de l’enfant, un enjeu national: Les religieux se mobilisent pour le bien-être familial». Sokhna Rokhaya Thiam, sage-femme d’État, et Moukhadam de la famille Niassène, lui emboitant le pas, a fait savoir que cinq régions du Sénégal (Diourbel, Thiès, Kaolack, Tambacounda, Ziguinchor et Matam) seront sillonnées pour sensibilisées les différents daïras des familles religieuses, les leaders religieux, les imams, pour qu’ils puissent servir de relai, tout en s’impliquant dans ce processus.

Abondant dans le même sens le Pasteur Pierre Adama Ndiaye, a indiqué que la PF est un concept et pratique anciens et reconnus par les deux religions. « La planification familiale est une chose que la religion chrétienne accepte. Sa conception a différentes dénominations chez les différents compartiments chrétiens, comme les catholiques, les luthériens », a-t-il dit.

Idrissa NIASSY