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Excision chez les filles : Le cas de Matam reste toujours inquiétant

Même avec la Fatwa interdisant l’excision dans les régions du nord du Sénégal, à Matam plus particulièrement, la situation devient de plus en plus inquiétante. La révélation est faite hier par l’Unicef à l’occasion de la célébration de la Journée tolérance zéro excision placée cette année sous le thème : « Traduire les décisions politiques en actions concrètes à la base pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro au Mutilations génitales féminines (Mgf) en 2030.

Malgré les nombreux défis et farouches résistances dans certaines parties du Sénégal et même l’utilisation de la « Fatwa » qui est une sorte de justification pour les religieux d’interdire les Mutilations génitales féminines, l’excision dans la région de Matam persiste et devient inquiétante. Ce qui a poussé Laylee Moshiri, représentante de l’Unicef au Sénégal, qui s’est prononcée au nom de l’Unfpa à l’occasion de la célébration de la Journée tolérance zéro excision tenue hier à Dakar, d’appeler le gouvernement du Sénégal, les autorités administratives, locales, coutumières et religieuses, les jeunes à redoubler d’efforts face aux défis persistants pour définir des stratégies innovantes et adaptées pour mettre fin à cette pratique néfaste. Selon elle, même dans les régions à forte prévalence, une certaine baisse est observée depuis 2016. À Tambacounda par exemple, le taux d’excision est passé de 48 % à 44 %, à Kolda de 46 % à 35 %. À Sédhiou où la culture mandingue est très ancrée dans la communauté, le taux d’excision est passé de 53 % à 43 % soit une diminution de 10 %. « Cela est dû grâce aux efforts consentis par le Programme conjoint et par d’autres acteurs sur le terrain », a-t-elle révélé. Cette dernière a fait part également que la prévalence chez les filles de moins de 15 ans a légèrement baissé depuis 2013, même si elle stagne au niveau national avec 14 % des filles de zéro à 15 ans qui sont excisées. À cet effet, les Mutilations génitales féminines (Mgf), au-delà des droits, constituent un problème de santé publique engendrant beaucoup de traumatismes, des complications à l’accouchement et même la mort, avec des conséquences psychologiques et sociales graves à long terme. C’est pour toutes ces raisons que l’État du Sénégal s’est engagé à l’instar de nombreux pays dans le monde, à vouloir mettre fin à cette pratique qui constitue une violence sexiste. C’est ainsi qu’un travail est en cours pour mettre à disposition des acteurs intervenant en milieu communautaire, des orientations et outils pour mener à bien cette mission de prévention et de réponse. Mais aussi, le gouvernement du Sénégal, dans cette lutte contre l’excision, a pris l’option d’intensifier ses actions en vue de réduire de manière significative le taux de prévalence des Mgf comme prévu dans le Plan d’actions prioritaires (Pap) du Plan Sénégal émergent (Pse), en décidant d’augmenter le budget alloué aux efforts nationaux pour l’abandon des Mgf. Mais aussi, il est prévu une application rigoureuse de la loi, en condamnant et sanctionnant les acteurs et complices d’excision, avec une mobilisation sociale communautaire qui va rassembler toutes les couches de la population pour un changement durable afin d’éliminer l’excision à l’horizon 2030, comme fixé par les Objectifs de développement durables (Odd). Hyacinthe Coly du Réseau des jeunes pour l’abandon de l’excision, a profité de cette Journée Tolérance zéro excision, pour lancer un appel à toute la société sénégalaise pour dire non à l’excision, tout en interpellant l’État pour plus de moyens pour faire face à ce fléau. « Nous demandons à l’État de nous donner les outils nécessaires pour mener à bien cette lutte », a-t-il déclaré. Pour Ciré Lo, Directeur de cabinet du ministre de la Femme, « traduire les mesures politiques en actions concrètes permettent d’aller de l’avant ». Selon lui, si nous voulons être des acteurs de la transition, nous devons aller trop vite avec des orientations claires et très précises.

Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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