La marche inédite des enseignants à Ziguinchor (Par Mamadou Sané)

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    L’histoire s’écrit au présent et tout enseignant, servant en Casamance et qui n’a pas pris part à la marche de ce jeudi 12 avril 2018, a raté une page de l’histoire. Cette marche d’abord autorisée puis interdite par le pseudo-préfet de Macky  »sale » s’est tenue comme prévu par les enseignants déterminés à mettre fin aux conditions précaires et inhumaines dont ils sont victimes. 

Pas de leçons de morale à nous donner. Nous sommes assez responsables pour exercer ce qui nous revient de droit. J. J. Rousseau ne disait-il pas que:  » lorsque l’État abuse du pouvoir qui lui est conféré par le peuple ou le détourne à son profit, alors le contrat est rompu et la résistance devient en ce moment un droit ».

Je ne trouve pas le qualificatif équivalent de ce banditisme qu’ont fait montre le préfet et ses hommes de désordres. Le comble c’est lorsque le commissaire utilise les ASP comme agneaux du sacrifice pour qu’ils leur servent de boucliers. En les plongeant devant sans aucune expérience en maniement de ces engins; j’étais atterré et dégoûté.

N’eut été la maturité des soldats du savoir et ç’auraient été des élèves, aujourd’hui le Sénégal aurait été en deuil. Et par là, l’État du Sénégal a fini par montrer son incompétence et son immaturité à gérer les questions nationales telle que la crise de l’éducation. L’interdiction de cette marche de Ziguinchor montre à bien des égards que la Casamance est toujours considérée par l’autorité étatique comme une entité entièrement à part du Sénégal et non à part entière .

Sinon comment peut-on comprendre l’autorisation des marches de Dakar, Thiès, Kaolack et Saint-Louis et que Ziguinchor fait exception. La peur n’est pas enseignante et la défaillance est le propre de l’homme. Jamais des babouins n’abandonnent un des leurs avec des chiens en tant que animal. C’est pour dire que tout enseignant doit se sentir concerner par ce noble combat que nous menons de nos jours pour l’équité et la justice mais aussi pour la pacification du système éducatif sénégalais.

Bravo aux vaillants enseignants de la Casamance naturelle qui n’a jamais été colonisée et dont les fils sont toujours debout pour dire non lorsqu’il s’agit de dire non.

La lutte continue jusqu’à la satisfaction totale.

Mamadou Sané  professeur d’histoire et de Géographie au CEM de Kagnarou IEF de Bignona1

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