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Macky Sall sur l’évasion fiscale : « Chaque année entre 40 et 80 milliards de dollars de taxes échappent l’Afrique »

Dans le but de promouvoir l’émergence en Afrique, le gouvernement du Sénégal en collaboration avec le Pnud, a organisé la troisième édition de la Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique (Ciea). Une occasion saisie par le président de la République Macky Sall pour engager une lutte l’acquittement équitable de l’impôt à tous les redevables y compris en limitant nos congés fiscaux abusifs.

Le président de la République du Sénégal Macky Sall n’est en phase avec les congés fiscaux abusifs. Pour cela, il appelle à une lutte sans faille pour le paiement équitable des impôts. « Nous devons lutter pour l’acquittement équitable de l’impôt et tous les redevables y compris, en limitant le congé fiscal abusif », a-t-il déploré. Selon lui, l’impôt doit être l’activité créative de la richesse aussi. Pour ce dernier, les estimations de la Commission indépendante sur la réforme de l’impôt international sur la société, ont démontré que « chaque année entre 40 et 80 milliards de dollars de taxes échappent le continent africain », et interpelle pour qu’on en finisse avec l’humilité fiscale indigne. « L’Afrique est donc fondée à réclamer plus d’équité entre les droits légitimes et ses obligations fiscales vis-à-vis du pays hôte. Il convient d’agir plus fermement contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites ». À cet effet le chef de l’État a salué les initiatives de l’OCDE sur la fiscalité internationale initiative soutenue par le Congrès international de la Banque mondiale. Pour les pays en développement, africains en particulier, la révision de l’aide du système fiscal international devrait inclure trois priorités essentielles. « Il s’agit de l’assistance technique en matière d’identification des besoins de répondre et de planification stratégique, le renforcement de capacité des administrations fiscales y compris le soutien à la dématérialisation des procédures de formalité, et enfin le soutien à la révision des codes miniers et des codes des hydrocarbures pour des contrats plus équitables qui rémunèrent l’investisseur et génère les ressources conséquentes pour l’État », a-t-il expliqué. Tout en révélant que l’emprunt constitue également la seconde source de financement du développement. Il s’exprimait en marge de la troisième Conférence international sur l’émergence de l’Afrique qui se tient pour trois jours (17-18-19 janvier 2019) au Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad)
L’Afrique doit prendre son destin en main
Devant un pléthore de participant venus des pays d’Afrique, come le Mali, la Côte d’Ivoire, d’Asie d’Amérique et d’Europe, Macky Salle a fait savoir que pour lutter contre le sous développement qui règne dans le continent noir, l’Afrique doit prendre son destin en main pour entrer enfin dans l’ère de l’émergence et du développement. Étant le continent qui a le plus subi le poids écrasant de l’histoire de l’humanité, précise-t-il, le développement ne peut se construire par l’aide internationale et que l’émergence ne se décrète pas, mais se conquiert par des visions et des actes de tous les jours. « C’est pourquoi nous voulons compter d’abord sur nos propres efforts, mais aussi sur la vitalité des partenariats équilibrés respectueux des intérêts de toutes les parties et donc mutuellement bénéfiques », a-t-il réitéré. Et d’ajouter : « Voilà l’Afrique que nous voulons bâtir. Une Afrique debout, en marche vers le progrès. Dans cette Afrique vers le développement, les gouvernements sont à la pêche, la jeunesse instruite et créative entreprend et réussir. Des hommes et des femmes d’affaires s’activent, investissent créent des emplois et de la richesse ». De son avis, la responsabilité africaine aujourd’hui c’est de labourer le champ de tous les possibles. « Dans la quête de l’émergence, il nous faut d’abord pour gagner ce pari de l’émergence un état d’esprit qui refuse la fatalité du sous-développement, un état d’esprit qui bouscule les certitudes qui remettent en cause les idées reçues qui requiert de l’audace. Elle procède d’une vision à long terme », a noté le chef de l’État. Ce qui nous permet, réitère-t-il, « de croire à nous mêmes et de définir des priorités, tout en engageant nos ressources et nos intelligences pour mutualiser des partenariats fiables et une culture assidue des résultats », tout en annonçant que la quête de l’émergence requiert « d’une vision à long terme, d’un engagement qui traduit cette vision en acte, croire en nous mêmes et définir nos propres priorités ».
L’heure de l’Afrique a sonné
Le chef de l’État toujours dans ses œuvres, a appelé à ses compères de suivre l’exemple de Malaisie qui est palpant. « Pour conforter cette dynamique d’émergence et de la rendre irréversible, il n’y a pas d’autres alternatives. L’expérience de la Malaisie est palpant. Il n’y a aucune raison que les pays d’Afrique ne puissent faire de même en restant optimistes et combatifs ». Ce qui est la raison d’être de cette conférence qui est une plateforme de réflexion, d’analyse, et d’échange d’expériences et de confrontation d’idées sur nos forces, nos faiblesses et les mutations à opérer pour gagner les paris de l’émergence. Le thème de cette conférence est axé sur « Émergence secteur privé et inclusivité ». Selon lui, la mobilisation des ressources pour le financement du développement, l’accès aux crédits, le rôle de l’État, la place du secteur privé dans le développement, les rapports entre secteur privé national et international et les inégalités sociales, sont les problématiques à résoudre si nous voulons atteindre l’émergence. En Afrique, renseigne-t-il, « le financement public reste encore la principale ressource » lorsqu’il s’agit de réaliser de grands projets structurants, autoroute, projet routier, portuaire ou énergétique. Pour nos pays la première équation à résoudre est de savoir où trouver l’argent utile pour réaliser les grandes infrastructures, en se basant sur le budget national avec la collecte des impôts. Ce dernier a déploré le fait que les partenaires se réduisent lorsqu’il s’agit d’investiture des infrastructures majeures indispensables à la réalisation de l’objectif de l’émergence. « L’Afrique qui se développe doit assurer son développement, doit nécessairement élargir la place de ses partenaires. À cette fin, il ne peut y avoir ni chasse gardée, ni exclusivité. Tous les partenaires publics, privés traditionnels sont les bienvenues sur le continent, a-t-il lancé à l’endroit des investisseurs privés.
L’industrialisation un facteur important
Parlant de l’industrialisation qui est capitale pour les pays africains, il a soulevé les problématiques, tout en faisant savoir que le continent noir ne peut se résigner seulement à l’exportation des matières premières brutes souvent mal énumérées et à des prix aléatoires. « L’Afrique qui émerge est une Afrique qui transforme ses matières premières pour créer des chaînes de valeurs, générer des emplois et vaincre le chômage endémique des jeunes », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Nous devons réformer, innover et poursuivre les efforts d’amélioration de l’environnement des affaires pour attirer plus d’investissements privés et saisir les opportunités de délocalisation dans ce pays en créant des industries ». A cet effet, plusieurs pays africains dont le Sénégal se sont ainsi engagés dans la création de parcs industriels et de zones économiques spéciales.
Le secteur privé salué
Selon toujours le président de la République, les politiques publiques devraient continuer à soutenir la naissance et d’un épanouissement d’un secteur privé national viable et compétitif qui est un des signaux fiables pour l’émergence. Le président de la République a salué l’effort fourni par des hommes et des femmes d’affaires qui investissent non seulement dans leur propre pays, mais aussi ailleurs en Afrique et dans le monde. « Ces hommes et ces femmes qui rayonnent dans le monde sont des sources d’inspiration pour nos jeunes entrepreneurs et des partenaires fiables de nos États et du secteur privé national et international. Ils savent marcher au rythme exigeant du monde des affaires ». Selon lui, le secteur privé doit se battre pour retrouver sa place par la compétitivité. Parlant de la problématique de l’inclusion sociale, le chef de l’État a rappelé l’inclusion des couches sociales dans les différents programmes socioéconomiques. « Nous travaillons pour un accès universel de l’eau et de l’électricité, après avoir apporté des réponses à certains secteurs, mais également du désenclavement des territoires de l’intérieur et surtout l’allégement du travail des femmes dans le milieu rural, tout en soutenant les jeunes pour l’auto-emploi ». Une initiative saluée par le chef de l’État malien Ibrahima Boubacar Keita, qui dans vision sur le développement de l’Afrique, a fait savoir en premier lieu, pour qu’un pays puisse réussir, « il faut qu’il puisse se défendre d’abord de toute agression venant d’ailleurs ». Selon lui, un pays qui ne peut pas qualifier sa jeunesse périra.

Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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