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RENFORCEMENT DU SYSTÈME SANITAIRE: Vers la création d’un Samu Sud à Kolda

La région de Kolda où le taux de mortalité maternelle et infantile est l’un des plus élevés, fait partie aujourd’hui, des régions les moyens loties en matière d’infrastructures de prise en charge de la mère et de l’enfant, de disposition spatiale au niveau de la région, de disponibilité de ressources humaines et d’équipements. Ainsi pour changer la donne, en renforçant davantage le système sanitaire, les autorités locales ont plaidé pour la création d’un Samu Sud à Kolda.

Ce Samu Sud, comme prévu, va regrouper dans un premier temps, les régions de Kolda et de Sédhiou et dans les perspectives Ziguinchor, dans le cadre du Pôle territoire Casamance. Des plaidoyers ont été menés pour que ce Samu soit pris comme pôle de structure en santé. Il sera l’un des grands espoirs qui permettra à la région de faire de la régulation. Qui à son tour, va permettre, depuis la case de santé jusqu’au poste, en relation avec l’hôpital de pouvoir faire des communications, d’intervenir de façon tout à fait optimal et d’optimiser les interventions. « Nous avons espoir qu’aujourd’hui, en début 2019 ce Samu du sud verra le jour », a déclaré Dr Yaya Baldé, médecin-chef de la région médicale de Kolda. C’est un projet, précise-t-il, appuyé par le PASME et « nous avons espoir quand il viendra s’ajouter au dispositif existant, tout sera au complet pour la région ». À cet effet, le Samu sud sera accompagné d’un renforcement de ressources humaines, et viendra avec des nouveautés, comme le système de régulation et de réception des appels, une sorte de numéro vert qui permettra de rallier les urgences. « C’est-à-dire une matrone qui a une urgence au niveau de sa case de santé dans un village quelconque, pourra appeler directement la régulation au niveau de l’hôpital pour parler de la gravité de la maladie du patient. Le Samu recevant cet appel, peut la questionner sur l’urgence. Si c’est un cas qui mérite d’être évacué dans une autre structure plus huppée, la matrone est indiquée sur les premières mesures à prendre pour ne pas bouger le ou la malade surtout quand il s’agit d’un accouchement. Ensuite le Samu pourra appeler la structure de santé la plus proche pour la parler de ce cas, avant de rentrer en contact. De ce fait, le Samu va se préparer pour éviter les déplacements inutiles, les prises de décisions qui ne sont pas opportunes. Ce qui permet de faire un premier tri pour savoir qui doit aller, où-est-ce qu’il doit aller et comment. Et le Samu va position un pool d’ambulances qui va se charger de l’évacuation jusqu’au point final, avec tout le matériel sur place, avant de passer aux bons gestes avec la régulation du Samu à partir d’un numéro vert qui n’est pas payant », a-t-il expliqué. Ce schéma, souligne-t-il, permettra aux gens d’être à l’aise, sans un déplacement inutile qui les fera perdre beaucoup d’énergies. Autant d’éléments qui feront que le Samu va de la qualité dans ce qui se fera. « Il va changer beaucoup de choses quand il sera là surtout l’impact de la mortalité », a-t-il affirmé
La santé maternelle et infantile, une priorité à kolda
Le médecin-chef de la région médicale de Kolda, Dr Yaya Baldé, en tant que bras technique du gouverneur en matière de santé, a fait savoir lors de la visite des journalistes membres du Réseau santé, en partenariat avec l’Unfpa dans ses locaux, que la santé maternelle et infantile est une priorité dans la région qui a le chiffre le plus élevé en ce concerne la mortalité maternelle et infantile. « Mais aussi, en terme d’infrastructures de prise en charge de la mère et de l’enfant, de disposition spatiale au niveau de la région, de disponibilité de ressources humaines et d’équipements, Kolda fait partie des régions les moins loties, bien que des progrès importants ont été réalisés », a-t-il déploré. Pour améliorer ce secteur de la santé qui ne dispose que d’un seul pédiatre, d’un gynécologue, ce dernier a révélé qu’un apport important en ressources humaines a été fait surtout au niveau opérationnel. La première stratégie mise en place c’était de renforcer les postes de santé en procédant au doublement du personnel (infirmier d’État et en sage-femme). « 60 à 70 % des structures de la région sont doublées », a indiqué le médecin-chef de la région médicale de Kolda. Cela, permet déjà, une prise charge précoce des problèmes les plus périphériques. Le deuxième acte posé c’est le renforcement de la carte sanitaire avec 50 % de la population qui se trouve à plus de 30 mn à une heure de temps d’une structure sanitaire à cause de l’enclavement. Ce qui mérite une densification des postes sanitaires qui ont doublé en moins de 5 ans pour améliorer l’accessibilité géographique au niveau de la région. À cela s’ajoute également, le renforcement de la logistique roulante pour augmenter la rapidité d’évacuation, tout en réduisant les délais de transfert entre le milieu rural et les structures de santé. Ainsi, d’importants efforts ont été fournis par l’État lui même grâce à l’apport des partenaires pour réduire les délais de transfert des malades. Ce dernier, profitant de sa rencontre avec la presse, a fait part que dans cette partie du pays, plus de 50 % des femmes ont des consultations prénatales tardives. Et que certaines allaient souvent très tard pour consulter leurs grossesses. Pour d’autres, elles ne terminent pas les consultations prénatales. Ce qui a rendu le taux de mortalité maternelle et infantile très élevée dans cette région du Sénégal. Pour Dr Yaya Baldé toujours, il faut un changement des mentalités pour sauver la région. Un plaidoyer est lancé aussi dans la région pour que le personnel soit renforcé. Pour remédier à tous ces manquements, des réunions d’audit sont tenues pour permettre d’identifier les facteurs conduisant aux défis.
Un travail multisectoriel pour éradiquer les grossesses précoces
Parlant des grossesses et mariages précoces, ce dernier de faire savoir que le travail doit être multisectoriel. Un programme de curricula est dispensé dans les écoles pour faciliter la sensibilisation. Même si la régression est timide, mais il en existe qu’à même, avec l’avancement du taux de scolarisation avec les enfants qui vont de plus en plus à l’école et une fois de retour vont sensibiliser les parents. Ce qui fait que beaucoup de communautés commencent à prendre du recule par rapport aux mariages précoces. « Nous avons espoir que si cet élan actuel est maintenu avec l’apport des partenaires et l’intervention des autres secteurs, dans un délai raisonnable, ces comportements vont commencer à changer », a-t-il noté. Concernant les décès maternels, ce dernier de préciser que des audits sont organisés au niveau de l’hôpital en invitant tous les acteurs à la source d’origine en cas de décès. « Nous faisons tout pour que le côté scientifique soit privilégié à côté des culpabilités », a renseigné Dr Baldé. Tous ces efforts fournis, ont permis d’enregistrer au premier semestre de 2018 moins de décès qu’au premier semestre de 2017. Chaque année un Cdr est tenu pour partager avec le gouverneur les recommandations et donner des propositions. Un Comité de lutte est également mis en place pour mieux voir les problèmes et comment les neutraliser.

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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