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An 15 du Protocole de Maputo : L’AJS fait le point et interpelle l’État sur les défis à relever

15 ans après son adoption en juin 2003 dans la capitale Mozambicaine, Maputo, ce fameux protocole qui promeut les droits des femmes et des filles, attire toujours l’attention de l’Association des juristes sénégalaises (AJS). D’où tout l’intérêt du Dîner-débat, d’hier à Dakar qui en présence du Garde des Sceaux, le ministre de la Justice, Ismaela Madior Fall, des parlementaires, les partenaires techniques et financiers, des médias, a permis à l’AJS de faire le point sur surtout les défis qui restent à relever.

Image-Diner-debat sur l’an 15 du Protocole de Maputo

L’Association des juristes sénégalaises (AJS) a célébré hier à Dakar le 15ème anniversaire de l’adoption du Protocole de Maputo. Même si l’État sénégalais traîne encore le pied sur l’application de certains engagements sur le terrain, ces juristes réunies au tour de ce cadre qui milite pour la promotion des droits des femmes, ont jugé nécessaire d’organiser un diner-débat sur le thème : «Droits garantis par le protocole de Maputo : Regards croisés sur les avancées et les défis ». En effet, la rencontre qui a été présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaela Madior Fall en présence des parlementaires, des ONG partenaires de l’AJS, des représentants des médias, a permis aux uns comme aux autres de se plancher sur surtout les défis. Fatoumata Guèye Ndiaye, la présidente de l’Association des juristes sénégalaises, a souligné que cette rencontre «c’est pour essayer de voir où est que on en est. Quelles sont les avancées qu’on a ? Quels sont les défis » ? «Les avancées on en a parlé toute à l’heure, on ne va pas trop s’appesantir sur cela. Mais nous avons des défis, les défis je m’en veux comme défi majeur l’âge légal du mariage de la jeune fille qui est consacré par le protocole de Maputo qui dit qu’il faut pour la fille avoir 18 ans avant de se marier», a-t-elle relevé rappelant «Vous savez tous qu’au Sénégal nous sommes confrontés aux mariages précoces». «Ça c’est un défi majeur auquel nous devons être confronté et auquel aussi bien les organisations civiles que le gouvernement doivent essayer de remédier », a plaidé la présidente de l’Association des juristes sénégalaises. Poursuivant Mme Ndiaye évoquera «l’élimination des pratiques culturelles néfastes». Pour la patronne de l’AJS, «Parce que c’est vrai que nous avons des avancées mais vous savez tous que ces avancées qu’on a textuelles sont plombées par des pesanteurs socio culturelles et par certaines pratiques néfastes ». «Nous avons des lois qui sont là mais ces lois ont des difficultés d’être mises en œuvre à cause des pesanteurs culturelles», déplore la présidente de l’AJS. À l’en croire, tout est bien dans le Protocole de Maputo pour promouvoir les droits des femmes. Car rappellera Mme, «Dans le Protocole de Maputo, les chefs États avaient pris un engagement fort dans ce protocole c’est de s’impliquer pour l’élimination des pratiques néfastes et pour réduire les pesanteurs socio-culturelles qui plombent l’évolution des droits des femmes ». Aussi, la présidente de l’AJS parlera du défi de la santé de la reproduction des femmes et des filles. Sur ce, dira-t-elle, «Aussi bien au Sénégal nous avons beaucoup de défis à relever par rapport à cela». «Le Sénégal a une loi sur la santé reproductive mais nous jugeons c’est une loi insuffisante qu’il faut améliorer et c’est une loi qui demande (….) il y a des décrets d’application qu’il faut prendre pour que cette puisse être appliquée », fait savoir Mme Ndiaye. Toujours dans les défis, la présidente de l’AJS, citera les violences faites aux femmes.
Du côté du gouvernement sénégalais, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaela Madior Fall précise qu’ «il y a beaucoup d’avancées significatives». Mais M. Fall s’empressera de reconnaître qu’ «il y a aujourd’hui des défis qui restent à relever». «C’est le sens et l’intérêt du Dîner-débat qui est organisé aujourd’hui (hier : ndlr). Et on peut tout de suite rappeler quand même comme acquis important en ce concerne notamment notre pays », s’est réjoui le Garde des Sceaux, le ministre de la Justice.
Pour ce qui est du rôle des pouvoirs publics en ce qui concerne les défis évoqués, le ministre de la Justice a rappelé que «aujourd’hui l’option du gouvernement sur ces questions c’est de travailler en partenariat avec une association comme l’AJS ». Mieux rassurera M. Fall, «Le Ministère de la Justice va avec l’AJS identifier aujourd’hui tout ce qui nous paraît être des défis prioritaires à relever». «Évidemment ce travail comment il faut le faire c’est très simple du point de vue de la méthode. Les combats et les victoires qu’on acquiert dans la lutte pour la promotion des femmes se traduisent par des textes, l’adoption de nouveaux textes ou la réforme de nouveaux textes qui existent », a rassuré le ministre Ismaela Madior Fall. Qui déduit : «Donc aujourd’hui il est question de parcourir l’ensemble des textes législatifs, réglementaires qui régissent notre vie en société et de recenser ce qui peut paraître comme discrimination et de les corriger».

Par Souleymane SANE/Senpresse.net

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