add share buttons

Santé de la reproduction : Quand les femmes se cachent pour aller faire la planification

L’Association des journalistes en santé, population et développement, dans le cadre d’une caravane au sud du Sénégal, plus particulièrement dans la région de Kolda en partenariat avec l’Unfpa, a visité hier la commune de Saré Yoba Diéga. Dans cette localité qui manque de tout, les femmes sont confrontées à d’énormes difficultés pour leur santé, mais du manque de revenus.

 

Il est 11 heures quand l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd), ont foulé le sol de Saré Yoba, une localité située à 30 Km de Kolda sur la nationale 6 et à 10 Km de la Guinée-Bissau, après avoir passé deux nuits d’intenses travaux dans la capitale du « fouladou », dans le cadre de la Journée mondiale de la population. Sous une chaleur hivernale très accablante, où presque tous les hommes sont dans leurs champs en train de labouré la terre, nous, on se dirige vers le poste de santé où nous sommes accueillis à bras ouvert par l’Infirmière chef de poste (Icp) à l’occurrence Mme Diatta, Anta Alphonsine Adioka, Infirmière chef de poste de Saré Yoba Diéga, district sanitaire de Kolda. La première question qui saute à l’œil c’est comment la population jeune à majorité de filles parvient à se prendre en charge en ce qui concerne son éducation sexuelle. Une question qu’a tenté de répondre l’infirmière d’État avec aisance : « Ici, certaines femmes se cachent pour venir faire la planification ». Cette situation est dû à plusieurs facteurs liés par les contraintes socio-culturelles et religieuses. La commune de Saré Yoba Diéga polarise 54 villages, avec une population de 12 354 hbts. Le poste de santé reçoit des patients venus d’autres villages de la Guinée Bissau d’autant plus qu’elle est frontalière avec ce pays frère et des autres districts très éloignés de même que la Gambie. Ce qui fait que ce poste de santé s’occupe des patients de trois pays différents (Sénégal, Guinée Bissau et la Gambie). Dans cette localité de plusieurs milliers d’âmes, la Planification familiale marche parfaitement bien, d’autant plus qu’elle pilote un projet dénommé Fesmen.
Des filles de 12 à 13 ans s’offrent la Pf
Toujours dans le cadre de la Pf, même si la région est à la traine pour combler beaucoup de gaps, à Saré Yoba, ce sont les filles du primaire, du collège et du lycée qui aillent demander aux prestataires de leur offrir le service de la planification familiale pour qu’elles puissent poursuivre leurs études. Elles sont souvent âgées entre 12 et 13 ans pour les filles qui sont au primaire (Cm2) et pour le collège la moyenne est de 12 à 18 ans et sont toutes planifiées. « Si elles voient la nécessité de venir demander des conseils et se faire planifier, c’est parce qu’elles sont sexuellement actives », a déclaré l’Icp de Saré Yoba. Ce poste de santé qui dispose de trois agents (Icp, une sage-femme et une assistante infirmière) est aidé dans ce travail par des programmes pilotés par Enda service, Enda, Pink, Unicef et les communautés de santé qui nous accompagnent sous l’égide de l’Unfpa. Mais, ces jeunes filles sont aussi confrontées aux problèmes de mariages précoces qui leur causent beaucoup de désagréments. Parfois même, elles sont victimes fistules obstétricales. « Vouloir accoucher à 13 ans, c’est très difficile du fait que les autres organes ne sont pas matures », a expliqué Mme Diatta. Mais ces cas de fistules, dira-t-elle, arrivent le plus souvent quand la femme accouche à domicile et qu’elle n’est pas bien suivie. L’autre fait c’est que les enfants que l’on donne en mariage sont des mineurs.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *