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SORTIE MALENCONTREUSE DU MINISTRE DE L’INTERIEUR HIER: Un casus belli ou la violence qui appelle à la violence !

S’il y a quelqu’un qui est passé carrément à côté de la plaque, ce soir-là, c’est bien Mr Antoine Félix Abdoulaye Diome. Devant la furie des manifestants consécutive à ce qu’il convient d’appeler l’affaire « Sonko » et qui défraie la  chronique avec des manifestations de violence à l’échelle nationale, le ministre de l’intérieur dont sa sortie était épiée, tant attendue a déçu et a vraiment déçu plus d’un ! Sa déclaration sonne comme une catastrophe nationale, un cassandre a parlé, bienvenue les dégâts ! La caque sent le hareng !

Le premier des flics du Sénégal, jure la main sur la poitrine de maintenir le doigt sur la gâchette pour faire feu de tout bois sur tout ce qui bouge. Il se veut intransigeant au lieu d’être conciliant, préférant l’argument de la force punitive à la place de la force de l’argument constructif.  Il menace, de bien châtier les « terroristes bien identifiés » ! Et là, il est passé vraiment à côté de la plaque, et, a copieusement raté la seule occasion qui lui a été donnée de désamorcer la bombe de la tension sociale, en prêchant la bonne parole de l’apaisement et se montrant plus rassurant. Que nenni, l’homme prône de sévir et de punir, se persuadant qu’avec sa police, sa gendarmerie et/ou son armée qu’il assimile à sa Gestapo qui n’en est pas une en réalité en raison du sens élevé de nos forces de défense et de sécurité, à moins d’être réconforté par ses tontons macoutes empruntés du dictateur haïtien Jean Claude Duvalier, alias Baby Doc  et qui auront du mal à trouver un terreau fertile au pays de la teranga, qu’on ne s’y trompe point !

Ce commis de l’Etat, en sa qualité de ministre de l’intérieur fait pâle mine de sa mine puérile estimant qu’il détient le monopole de la violence physique légitime telle que professée par Max Weber. Il n’a pas compris qu’une autre clef de lecture nous permet de voir dans la violence non seulement un moyen regrettable mais nécessaire car étant même le moteur de l’histoire, comme théorisé par karl Marx e Frederick Engels.  Dans cette weltanschauung,  la violence de l’Etat ne serait pas plus légitime que celle de ses opposants. Car schématiquement là, on assiste à une lutte farouche pour la défense des intérêts antagoniques ; l’Etat protégeant les intérêts des classes dominantes contre le peuple pour ne pas dire la plèbe. Dès lors, la légitimité devient un faux problème et seul compte le rapport de force. Si l’Etat emploie les moyens violents, le peuple doit aussi se donner le pouvoir de faire usage de la violence comme qui chanterait ; «la violence appelle la violence «car il n’y aucune arme au monde susceptible d’anéantir la volonté d’un peuple résolument déterminé à réécrire ses pages de l’histoire,( Vietnam, Dien – Ben Phu…), plus récent et plus proche de nous, le printemps arabe… !  «Le peuple au plus ardent de sa colère est pareil à un feu trop vif pour être éteint », observe-t-on.  Exploitant un article publié  dans « Le Monde « le 09 Mai 2018, nous retenons que derrière les interrogations sur la violence en manifestation, se cache un problème politique  très important. Celui de la définition de l’Etat ; celui-ci est-il l’émanation du peuple souverain ou bien la représentation de l’élite ; est-il la forme organisée de la majorité ou bien le bras armé de la minorité ?  Et l’article de rappeler qu’à « l’heure de la célébration du 8 mai 1945, on se souvient des résistants qui n’hésitèrent pas à faire usage de la violence et que le pouvoir de Vichy traitait de « terroristes «. Et voilà le même syndrome que souffre Antoine  Félix Abdoulaye Diome, il n’arrive pas à comprendre que la politique, en règle générale est une affaire complexe  que l’on ne peut réduire ni à des techniques de management, ni à un ordre immuable et nécessaire. Avouons –le, il n’y a aucune réponse claire et définitive à apporter à ces questions, ou plutôt aucune conciliation possible entre ces positions. Vous avez l’argument selon lequel c’est le vote qui donne la légitimité à un gouvernement et de l’autre, celui qui soutient que le vote ne change rien de toute façon. D’un côté, ceux qui diront que la « casse » détourne le sens de la manifestation en instaurant un climat de peur ; de l’autre, ceux qui estiment que la manifestation sans heurt ne sert absolument à rien (sinon un simplement divertissement).

Pour rester dans les équilibres de force, seul gaze de l’harmonie sociale et de la stabilité nationale, faisons nôtres ces devises des journaux à l’image de la «  Sentinelle » du doyen et magnat de la presse nationale, Demba N’diaye dont nous saluons au passage la pertinence constante de ses réflexions comme illustre bien son récent édito intitulé « Le roi nu »  ; « Il ne faut pas laisser nos moyens de vivre compromettre nos raisons de vivre « de François  Simon, journaliste dans « Les pas d’Hubert Beuve- Mery », Paris Ed Arle.

Par André MENDY/Senpresse.net 

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