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L’école ne sera jamais fermée. (Par Cheikh Ndiaye)

L’école ne sera jamais fermée. C’est un cadre où l’on construit des compétences, elle s’adapte au contexte et répond de façon efficace et efficiente à toutes les situations de la vie. ( Cheikh Ndiaye )

Plus d’un trimestre après le démarrage de l’année scolaire 2020-2021 qui a concerné plus de 4 millions d’apprenants, la situation au double plan humain et éducatif, est somme toute très satisfaisante en dépit d’une deuxième vague marquée par une explosion des cas de contamination et de décès. Malgré aussi les cas de contamination évoqués dans la presse, confirmés ou non, on peut s’accorder sur le fait que l’école et même l’université résistent plus qu’on ne s’y attendait d’ailleurs. Le contraire aurait quand même.surpris eu égard aux fonctions de l’école, son utilité et.surtout sa capacité à se poser des questions ( épistémologiques) sur tous les défis actuels et.futurs et à y répondre efficacement. Il ne s’agit donc d’un abord de la question sous l’angle de vie ou de mort qui est réducteur et transcendant ( qui pouvait croire que COVID 19 allait tuer autant de personnalités politiques et religieuses ?) mais il s’agit plutot pour l’école de s’interroger sur les formes de transmission des savoirs dans un contexte de développement technologique impressionnant, de ses rapports avec le milieu et comment répondre et aider à la prise en charge des préoccupations de celui-ci et comment anticiper toujours pour ne pas être pris au dépourvu face à cette mondialisation et la complexité des offres et des demandes sociétales. L’école ne peut-être en retard et sa fonction utilitaire, plus que jamais, est questionnée. Une école ouverte au milieu, une école du milieu, une solution pour le milieu, une école pour la société qui ne fuit pas les angoisses de la société mais plutôt une école qui les prend en charge, voilà les enjeux de l’heure et la COVID 19 nous interroge sur ces aspects.  Notre école doit être un rempart, le maillon le plus puissant dans le système de résistance contre la pandémie et utilisée comme elle se doit, par l’implication intelligente des apprenants, des étudiants, des enseignants, des programmes, elle jouera son plein rôle et retrouvera sa place dans la société. Fermer l’école, c’est bander les yeux de notre société. Fermer l’école, c’est aussi tuer la famille. Fermer l’école, c’est  aveugler tout notre système économique,  politique et social. Fermer l’école, c’est vouer à l’échec notre système de résistance face à la COVID 19. Enfin, fermer l’école, ce serait ne pas donner du sens à la riposte sanitaire.
Non, il faut faire jouer à l’école sa partition, lui donner une chance réelle, mieux une garantie reelle de succès de toute notre politique face à la pandemie puisque c’est l’école, le moteur qui relie tous les éléments de notre organisation. Le ministre de l’éducation nationale Mamadou TALLA a eu raison en 2020 de ne pas décréter l’année blanche et d’avoir amener l’école à s’adapter et à adapter ses pratiques par la magie de ses réflexions fécondes et épargner ainsi notre société d’une ankylose qui lui aurait encore été très fatale. Il a aussi eu raison de décaler légèrement la rentrée 2020-2021 et de demander le retour aux classes le lundi prochain, 08 Fevrier 2021 et de modifier légèrement les horaires face à cette mortelle deuxième vague. Point de fuite en avant et voilà là où on attend l’école. Il faut s’adapter, apprendre et enseigner autrement et projeter notre système éducatif sur les rampes du progrès.  J’aurais bien aimé que l’on réfléchisse sur des questions de fond qui structurent les défis de notre système éducatif, que de proposer des solutions qui n’honorent point les acteurs du système éducatif que nous sommes. Qui mieux que l’école peut appliquer et faire appliquer les mesures barrières ? Qui mieux que l’école peut faire stopper la chaine de transmission? Qui mieux l’école peut aider à prendre en charge le défi sanitaire et celui économique ? Les réponses à ces questions sont évidentes et traduisent l’importance de l’école pour une société et vice versa.  Cette relation dialectique, philosophique et même épistémologique, est d’une importance capitale et source de vie de l’école. Il ne faut jamais la perdre de vue. Ne faisons donc pas de notre école un machin sans âme, sans vie, sans importance, sans fonction autre qu’un lieu de transmission de savoirs et de connaissances. Elle est plus que cela et personne ne doit l’ignorer. Il faut des propositions pensées sur lesquelles les acteurs peuvent réfléchir et ouvrir des perspectives plutot que des invectives et des propositions totalement impertinentes et sur lesquelles on ne peut qu’une seule chose; se taire.

Cheikh Ndiaye 
Professeur d’enseignement Secondaire
Responsable Politique Apr Grand yoff 

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