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SANDAGA « LE SOUDANAIS » Etonnant mais vrai par ignorance ou on s’en fout par méconnaissance ? (Par Malick Mbow)

L’architecture constitue la valeur culturelle d’un peuple et ce, depuis les antiquités jusqu’à nos jours. Les architectes ont toujours participé à travers leurs œuvres à la marque qui identifie la trace ou l’empreinte qu’ils ont voulu laisser aux générations qui se suivent durant des siècles et des siècles grâce aux œuvres remarquables laissées par l’intelligence humaine et toujours préservées par les suivants. C’est pour dire que nous vivons dans un monde contingent où il faut laisser à la postérité les choses humainement et intelligemment conçues dans une nature qui ne demande qu’à être domptée.
La conscience de tout un peuple demeure dans la manière qu’ont les uns et les autres à préserver les valeurs composantes de l’intelligence de son passé. Le passé ne s’efface pas, il se préserve, quant il offre un miroir à ses semblables.
Oui Sandaga « le soudanais » malgré ses usures, ses blessures, son état d’insalubrité et ses balafres, Le soudanais reste debout parce que fièrement beau.
On ne démolit pas parce qu’on veut remplacer, on démolit parce que le sujet n’a rien à nous offrir, alors que là le sujet est non seulement une identité culturelle mais aussi une pièce maitresse pour notre patrimoine architectural, le sujet ici conserve les créations architecturales du passé.
Le marché Kermel, la gare de Dakar, la mairie de Dakar et plus loin ailleurs la Cathédrale de Paris sont la sauvegarde de l’intelligence humaine.
Mieux, Sandaga « Le soudanais » reflète une architecture unique dans sa modénature et ses indications architectoniques.
Les architectes présents sont les coupables de demain parce que tout simplement nous sommes les garants des traces intelligentes de notre passé. Nous rendrons compte aux générations à venir, si Le Soudanais est démoli. Nous, architectes attesterons sa mort par la complicité d’un je ne sais quoi mais tout sauf de l’architecture. Ce projet « New look » qui viendra prendre la place du Soudanais est un effet de mode éphémère mal copié parce que hors insertion paysagère dont la durée de vie n’excédera pas 5 années. Le prochain édifice, peut-il vraiment remplacer Le Soudanais ? Alors que Le Soudanais tient encore debout depuis plus de 5O ans malgré son non-entretien.
Le Soudanais ne mérite-t-il pas que les architectes lui offrent ses habits en l’état comme Kermel, la gare de Dakar, la mairie de Dakar et notre Dame de Paris en cours de lifting?
Nous appelons à la mobilisation intellectuelle de promouvoir les meilleures armes convaincantes pour que les Autorités prennent conscience qu’ils ont le temps de la réflexion et donc de la correction à leur profit quand elles auront entendu les nombreuses voix hurlantes et opposantes à la destruction brute de cet ouvrage génial et non affectif.

Malick MBOW
L’architecte DPLGF

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