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Biens mal acquis en Afrique: Des connexions au Sénégal (Par Arfang Sagna)

Les lanceurs d’alerte n’investissent pas le Sénégal pour aider les chefs d’États en y aidant des familles présidentielles gabonaises à acheter des biens au Sénégal. Ces biens dont il est fait référence sont portés pour la plupart par ses supposés prête-noms ou leur famille proche et sont situés dans des quartiers prestigieux de Dakar (Almadies, Fann, haut-Plateau….) Cinq personnes sont particulièrement citées et leurs biens répertoriés, un avocat international français, un franco-sénégalais, un maître tailleur vivant à Paris, un ancien homme politique béninois, un homme d’affaire malien et un franco-libanais. La corruption des pilleurs d’Afrique est un cancer qui tue.

Complexité des montages fonciers  

Dans son ouvrage, « Pilleurs d’Afrique », le journaliste Gilles Gaetner explique en détails sur les affaires des biens mal acquis. « Il a fallu que des associations comme Transparency International, des avocats comme William Bourdon, se battent. Rien n’était acquis. Comment la France peut reprocher des faits commis par des étrangers à l’étranger ? Comment viser des chefs d’Etat qui bénéficient d’une immunité totale ? La chambre criminelle de la Cour de Cassation a estimé qu’on pouvait enquêter : des biens, hôtels particuliers, voitures, montres, costumes, ont été acquis en France par des fonds illicites et l’immunité pénale est contestable dès lors que l’enrichissement personnel n’est pas lié aux fonctions de chef d’Etat » disait-il.

Enfin, tenait-il à préciser il faut souligner la complexité des montages financiers réalisés à travers les paradis fiscaux – au Luxembourg, à Dubaï, à Hong-Kong…-et des sociétés écran. L’argent provient des fonds publics des pays étrangers rendant encore plus difficile les poursuites. En Guinée Equatoriale par exemple, le conflit d’intérêt n’existe pas

La corruption sape la démocratie en Afrique

Rouge, désespérément rouge. Année après année, lorsqu’on regarde la carte établie par Transparency International selon l’indice de perception de la corruption, l’Afrique s’affiche en écarlate, signe que la situation y demeure très critique.Et c’est d’autant plus inquiétant que, comme le souligne Transparency International, « la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie », produisant « un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques » ; lesquelles, à leur tour, ne sont plus « en mesure de contrôler la corruption ».

Eviter les pots de vin en Afrique

Les lanceurs d’alerte les sachant protégés par le syndicat des chefs d’Etat vont tenter de saisir les juridictions et autorités françaises très en avant dans la lutte contre le blanchiment et la corruption en Afrique. Au-delà de ces exemples de lutte contre la corruption, l’Afrique doit parvenir à mettre en place des outils de répression de la criminalité économique, la mise en place de lois permettant la saisie des richesses acquises illégalement, puisque l’évasion fiscale est l’une des caractéristiques de la corruption en Afrique. Il est également important de mettre en place des mécanismes pour l’obtention des marchés afin d’éviter les pots de vins. En même temps, il faut prendre conscience aux populations des effetsdévastateurs de la corruption et de son caractère nullement inévitable. Le rôle de la société civile et celui des médias sont également importants pour dénoncer les actes de corruption.

Arfang Sagna

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