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Maladies chroniques: Les cancers en nette progression chez les tout-petits

Le cancer faisant partie du grand groupe des maladies non transmissibles est en nette progression au Sénégal.  Celui de l’enfant, bien que souffrant de la sous-détection, connaît également une proportion inquiétante. 

 

La situation des cancers, bien qu’étant des maladies non transmissibles, est effrayante. Selon les estimations, on est à 10 549 cas de cancers, au niveau global. Toutefois,  le cancer de l’enfant, bien qu’étant en nette progression au Sénégal, souffre d’une sous-détection, parce qu’on estime à 200 le nombre de cas de cancers alors que le cas attendu avoisine les 1 200. Ce qui fait dire à Dr Babacar Gueye, chef de la division de lutte contre les maladies non transmissibles, que  ce phénomène de sous-détection de ces cas de cancer est bien réel dans notre pays et mérite d’être diagnostiqué.

« Le problème de sous-détection s’explique par le manque de renforcement des capacités des prestataires de santé et leur implication au niveau opérationnel », a-t-il déclaré. Selon lui, si le Sénégal a fait beaucoup d’efforts dans la lutte contre les maladies transmissibles notamment le VIH/Sida, la tuberculose, c’est du fait que ces pathologies ont été intégrées dans les soins de santé primaire. Ce qui permet d’ailleurs à 70 % des patients aujourd’hui, de se faire consulter d’abord au niveau des postes de santé et centres de santé. Il s’exprimait en marge d’un atelier de formation de jours (12 et 13 février) des infirmiers  pour une détection rapide des premiers symptômes et le diagnostic précoce des cancers des enfants organisé par l’Institut africain de formation en oncologie pédiatrique (IAFOP) – Institut Jean Lemerle (Dakar), en collaboration avec plusieurs services du Ministère de la santé. De son avis, le cancer ne doit plus être une affaire de spécialiste, mais Il doit y avoir un guide de formation des prestataires de santé pour la détection précoce des cancers des enfants. Parce que, dit-il, « si le cancer de l’enfant est détecté à un stade assez précoce, on peut avoir de bons taux de survie et de guérison ».

Prenant la parole, Dr Jaques Diamé Ndour, médecin chef du district sanitaire Dakar Sud, a déploré le retard constaté sur les registres de cancer. « Aujourd’hui, les registres de cancer tardent à se mettre en place, même s’il a été avéré que le nombre de cancer a fortement évolué dans notre pays surtout chez les tout-petits », renseigne-t-il. Comme la maladie a atteint une proportion inquiétante dans tout le pays, ce dernier d’appeler aux acteurs de santé, avec la formation qu’ils viennent de subir, de décentraliser davantage tout ce qui a trait au diagnostic du cancer au niveau de traitement le plus opérationnel. « Nous demandons d’associer les communautés avec qui nous travaillons pour les sensibiliser davantage afin de parvenir à un changement de comportement », a dit Dr Jacques Diamé Ndour. Ce dernier a profité de cette rencontre pour révéler que 30 % des établissements sanitaires au niveau national sont concentrés dans le district Dakar-Sud.

Abondant dans le même sens, Dr Fatou Lamane Dièye, chef du programme opérationnel de l’Institut Jean Lemerle du groupe franco-africain d’Oncologie pédiatrique, de faire savoir qu’environ 20 % des enfants atteints des 5 principaux cancers qui sont pris en charge dans ses services (le Symphome de Burkitt, la maladie de Hodgkin, lymphoblastique, le rétinoblastique et le néphroblastome) guérissent, bien que 50 % des patients arrivent dans les structures sanitaires à un stade avancé. «  Quand les enfants sont pris en charge précocement, 80 % d’entre eux peuvent guérir localement sous la supervision des équipes sénégalaises » a-t-elle expliqué.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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