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Babacar Socrate Diallo sur la sécurité dans le Sahel: «L’Afrique doit d’abord compter sur ses propres moyens »

Après le Sommet de Pau (sud de la France) tenu le 13 janvier 2020 avec les chefs d’États membres du G5 Sahel et le président français Macron, le Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) a tenu ce mercredi la 18ème édition de ses matinales géopolitiques. Ceci, permettra de mener une réflexion en terre africaine avec les Africains accompagnée de recommandations fortes pour arriver vers une solution endogène.  

 

L’insécurité galopante dans les pays du G5 Sahel doit pousser tout un chacun à  comprendre, que l’Afrique doit d’abord compter sur ses propres forces pour se défendre, même si elle a besoin parfois d’aides extérieures. Ce cri du cœur est de Babacar Socrate Diallo, Directeur général du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) de Dakar, et président de l’Observatoire des menaces terroristes, des radicalismes, des risques criminels et cyndiniques (OM2R). « Les uns et les autres doivent comprendre que l’Afrique doit en premier compter sur ses propres forces au lieu de se focaliser sur les aides extérieures qu’elle a fort besoin pour sa défense », a-t-il déclaré. Le président de l’École panafricaine d’intelligence économique et de l’Institut africain de géopolitique (IAGéo) s’exprimait ce mercredi 12 février en marge de la 18ème édition des matinales géopolitiques du CEDS tenue au lendemain du Sommet de Pau, dans le sud de la France. Ce Sommet réunissait les chefs d’États membres du G5 Sahel et le président de la République française, Emmanuel Macron, en vue d’examiner les problèmes liés à la sécurité dans cette partie subsaharienne du continent noir qui, ces derniers temps est entrée dans un processus de dégradation avancée.

Selon lui, cette édition des matinales géopolitiques du CEDS organisée dans le sillage du Sommet de Pau est une manière pour des spécialistes et des experts en diplomatie et stratégie, en droits humains, des professeurs d’universités, d’apporter leurs contributions pour qu’il y ait enfin une très large appropriation des différentes résolutions qui ont été prises au sud de la France pour « expliciter aux Africains et tous les autres acteurs de l’importance de remobiliser tout le monde par rapport à l’ennemi commun ». « Le Sommet de Pau nous le considérons comme un moment de remobilisation et de revitalisation de l’ensemble des acteurs », a-t-il fait savoir.

Il a profité de cette journée pour interpeller les populations africaines à faire bloc derrière leurs chefs d’États pour les accompagner lorsque les opportunités se présentent. Parce que, dit-il, « ils ne peuvent pas être au four et au moulin ». Avant de faire comprendre à qui veut que « l’enjeu c’est la recherche de la paix et de la sécurité » dans la zone.

Les différents intervenants ont fait apparaître qu’aujourd’hui la plupart des États africains continuent d’utiliser des structures étatiques obsolètes avec les mêmes architectures politiques et institutionnelles que nous avions depuis les indépendances. Et qu’il est temps de tout changer pour être au diapason des pays développés. Face à ces différentes évolutions géopolitiques, dira Penda Mbow qui répondait à la question quel degré de l’OIF pour accompagner les stratégies en cours dans le Sahel ?, de préciser que « ces architectures politiques ne sont plus capables de répondre aux préoccupations et aux aspirations profondes des populations ». Raison pour laquelle, dit-elle, « le moment est venu pour que les Africains pensent qu’il est important qu’ils réforment carrément les architectures politiques de l’État et de toutes institutions pour avoir une nouvelle gouvernance qui puisse prendre en charge l’ensemble des problèmes et des besoins des populations ». Cette dernière a fait part également que « ce qui nous manque aujourd’hui  c’est une stratégie de réflexion commune ». Et opte pour une étude coloniale, c’est-à-dire repenser, étudier le projet colonial pour voir comment il a été constitué et ce nous pouvons apporter aujourd’hui comme réponse en terme d’intégration. Parce que, lance-t-elle, « l’histoire de nos États ne commencent pas maintenant ». Pour éviter tous ces maux à notre cher continent, Penda Mbow dira : « La question la plus pressente c’est celle de la jeunesse et que l’école est devenue un enjeu capitale pour éviter le radicalisme ».

Abondant dans le même sens, Pr Babacar Gueye, Directeur de l’Institut supérieur de Droit de Dakar, et président du Conseil d’administration de l’ONG 3D, de corser le ton : « Il est indispensable que depuis l’indépendance qu’on continue à fonctionner avec les mêmes outils institutionnels ».  Ce qui mérite une réflexion intense. De son avis, nos pouvoirs sont confrontés à une crise de légitimité, mais surtout de la capacité de répondre aux préoccupations et aux demandes des populations. « Dans cette condition, ils perdent leurs substances sociales et n’arrivent plus à assurer leurs fonctions régaliennes », a-t-il expliqué. Pour surmonter ces épreuves selon lui, il convient d’initier un vaste programme de développement économique et social pour éradiquer la pauvreté et améliorer le cadre de vie des populations.

Répondant à la question de savoir : La refondation de l’architecture politique et institutionnelle des États et de leur gouvernance peut-elle constituer une réponse alternative au tout sécuritaire ?, ce dernier de faire savoir qu’il est nécessaire parfois de recourir à la force pour récupérer les zones perdues lors d’un conflits avec les terroristes. « La réponse militaire est utile et même indispensable pour reconquérir les zones qui ont été perdues avec la force des armes », a-t-il sèchement répondu. Pour cela, précise-t-il, « il faudra renforcer la capacité de nos armées et mettre des stratégies de lutte contre les extrémistes violents ». Avant d’annoncer que toutes ces stratégies de défense doivent être compléter par une refondation politique et institutionnelle si nous voulons une paix durable. « Face à cette extrême gravité malgré tous les moyens qui ont été mobilisés dans notre espace, on était arrivé à un point où la situation est devenue dramatique et qu’il fallait tout faire pour changer la donne. Raison pour laquelle nous sommes passés à une halte réflexion pour partir sur de nouvelles perspectives après le Sommet de Pau », a déclaré Maxim Koné, Député à l’Assemblée du Burkina Faso, et président de la commission des lois. Selon lui, il fallait instaurer l’état de droit dans le Gourma qui est une frontière entre le mali, le Burkina et le Niger et le Liptako qui est dans la province est au niveau de Mopti ou l’État n’existait plus.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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