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PRISE EN CHARGE VIH/SIDA MÈRE-ENFANT : Les accouchements à domicile, un facteur bloquant

Dans le but de relever les défis dans la prise en charge du Vih/Sida mère-enfant à Bantaco, localité située à 32 kilomètres de Kédougou et peuplée de 3667 habitants, même si ce chiffre est sous-estimé, les professionnels de la santé utilisent tous les moyens nécessaires. Le problème majeur dans cette partie du Sénégal reste les accouchements à domicile qui ne facilitent pas la prise en charge.

Le contrôle d’une éventuelle grossesse est particulièrement important chez la femme séropositive ou à risque. Raison pour laquelle, elle doit être assister par une sage-femme jusqu’à la naissance du bébé afin de pouvoir donner le nouveau-né son médicament 6 heures après la naissance. Mais dans les sites d’orpaillage surtout à Bantaco, où l’Association des journalistes en santé population et développement (Ajspd) a fait un tour dans le cadre de la prévention du Vih/Sida mère-enfant, en partenariat avec le Cnls, les accouchements à domicile sont très décriés par le personnel sanitaire. Cette situation, selon Oumy Sy Samb, sage-femme du poste de santé de Bantaco, depuis trois ans, le problème drastique qu’ils rencontrent, « ce sont les accouchements à domicile » qui ne leur facilitent pas la tâche. « D’énormes autres difficultés sont rencontrées également au niveau de la prise en charge des patientes liées surtout au manque de communication entre le corps médical et la patiente », a-t-elle fait savoir. Une raison de plus d’appeler à une sensibilisation dans ce domaine pour essayer de limiter les dégâts. Les problèmes du Vih/Sida n’arrêtent pas uniquement à ces quelques problématiques. Il y a aussi la mobilité des populations qui partent là où il y a plus d’or. « Elles peuvent commencer leurs consultations prénatales et les terminer dans une autre zone plus loin », déclare-t-elle. Avant d’ajouter : « Les Bajenu-Gox nous appuient beaucoup dans la sensibilisation pour le suivi et le traitement personnes vivant avec le VIH. Car il y a des femmes qui continuent d’accoucher chez elles sans assistance ». Une autre difficulté se pose à savoir l’évacuation des femmes en état de grossesse. « Les routes ne sont pas en bon état surtout en période d’hivernage. Pour amener une femme au district de Kédougou, il faut une heure de route », dira-t-elle. Elle renseigne que beaucoup d’entre elles change de lieu dès leur première consultation prénatale (CPN) et le taux d’achèvement en CPN est de 3%. Sur la sensibilisation contre le Vih, ces acteurs font face aux perdus de vue. « Chaque mois, nous recevons 40 voire 50 nouvelles professionnelles de sexe en consultation composées essentiellement d’étrangères. Nous recevons également entre 10 000 et 12 000 préservatifs par moi et nous notons parfois des ruptures de stock, même si la tranche d’âge des professionnelles de sexe varie entre 16 et 25 ans », a conclu Oumy Sy Samb.

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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