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Santé et science: Le Sénégal prêt à implanter la culture d’approche genre dans la recherche

Les femmes scientifiques sont confrontées à plusieurs problèmes liés aux préjugés qui persistent dans plusieurs secteurs. Pour la recherche en santé, l’approche genre n’est pas tellement prise en compte au niveau du ministère. 

 

Le rôle d’épouse, de mère, constitue un frein pour l’avancée des projets de recherche pour les femmes scientifiques. Cette approche genre qui est devenue une problématique majeure n’est pas suffisamment explorée au niveau du ministère de la Santé et de l’Action Sociale, où elles sont souvent laissées en rade au détriment des hommes. Selon Samba Cor Sarr, du Comité national d’éthique pour la recherche en santé (Cners), « il se pourrait que l’on passe du genre sans le nommer, parce que les concepts qui structurent la démarche n’avaient pas été disponibilisés au niveau des acteurs ». Il s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation de cinq jours (du 20 au 24 janvier) sur « l’intégration de la dimension genre, les approches fondées sur le genre et le sexe pour  l’évaluation et l’inspection de la recherche de la santé » qui se tient à Dakar et regroupe des acteurs de la recherche et des responsables du projet sous la supervision du Cners.

Cette formation qui entre dans le cadre d’un projet de deux ans,  vise à renforcer les capacités des acteurs de la recherche à implémenter la culture d’approche genre dans le champ de la recherche tant au niveau du Sénégal qu’au niveau de la sous-région. « Ce même processus sera organisé avec les collègues maliens et du Ghana l’année prochaine. Ce qui permet le Sénégal de devenir le pays d’impulsion de l’approche genre dans le champ de la recherche au niveau de l’espace Cedeao », a-t-il déclaré.

Dans cette même lancée, Samba Cor Sarr de faire entendre à qui veut que cette formation, permet aussi au comité d’éthique national pour la recherche en santé de mettre les concepts qu’il a eu à poser et de vérifier est ce que « réellement l’approche telle que structurée que conceptualisée est présente dans nos us et coutumes » en tant que régulateurs, mais également en tant que chercheurs. Ainsi, il en a profité pour décrire l’approche genre. « Elle permet tout simplement  de mettre plus d’attention sur l’équité dans l’offre de service de santé mais également prêter plus d’attention à ces groupes vulnérables quand nous élaborons des protocoles de recherche », a notifié Dr Sarr, tout en précisant : « Il faudrait tenir compte que ce qui est valable pour un individu de sexe féminin peut ne pas l’être pour quelqu’un de sexe masculin quel que soit son niveau social en question ». Cela signifie, note-t-il, que « dans la démarche de recherche, cette dimension genre doit être prise en compte de façon spécifique ».

« Cela va permettre d’être beaucoup plus efficace dans la manière de générer la connaissance mais surtout dans l’implémentation  de ce que l’on appelle la santé individualisée », renseigne-t-il. Parce que là, explique Samba Cor Sarr, « c’est le parcours de l’individu qui est étudié » pour essayer de voir dans sa trajectoire de vie qu’« elle pourrait être les risques auxquels il pourra être confronté et comment développer des mécanismes qui permettent de façon individuel à faire face à ces facteurs ». Et de poursuivre : « Mais aussi, comment il peut interactionner avec les autres pour être beaucoup plus efficace dans la manière de faire face aux agressions qui pourraient fragiliser sa santé ».

Dr Anta Tall Dia, présidente du Comité national d’éthique pour la recherche en santé, prenant la parole à cette occasion, n’a pas tardé à complimenter les comités d’éthique pour leur engagement à changer les choses. « Dans le domine de la recherche de la santé, l’instance qui est la plus pertinente pour impulser ce changement de paradigme se trouve être les comités d’éthique », a-t-elle signifié. Selon elle, la pluridisciplinarité et la multisectorialité  qui caractérisent ces instances  font d’elles des plateformes optimales d’impulsion des changements pouvant impacter sur la qualité de vie des populations.

Pour cette dernière, comme l’homme continue à faire face à des problèmes aussi complexes que variés et à des exigences de transformations sociales imposées par l’évolution du monde à l’aube de ce troisième millénaire, « des alternatives de transition, d’anticipation et d’accompagnement s’avèrent nécessaires », afin de permettre à notre système législatif et réglementaire de produire le dispositif opposable pour faire face en temps réel.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

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