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LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA : L’inaccessibilité des points de prestation une des problématiques majeures à Kédougou

Dans le cadre de la lutte contre le Vih/Sida dans la région de Kédougou qui est assez excentrique, l’Association des journalistes en santé population et développement (Ajspd), en partenariat avec le Cnls, a organisé une caravane dans cette localité du Sénégal. L’occasion a été saisie par le médecin-chef régional de cette région difficile d’accès, Dr Cheikh Adibou Senghor, pour parler de toutes les problématiques qui font que la lutte contre ce fléau reste toujours très difficile et compliquée.

La région de Kédougou qui est une région très difficile d’accès à cause des mauvaises routes, même si elle très jeune avec 9 ans d’existence, est devenue une fuite de convergence de toutes les nationalités de la sous-régions (9 nationalités) grâce a sa position de site aurifère. Mais cette fuite en avant en avant est source également de beaucoup mal, poussant le taux de prévalence du Vih% Sida très élevé (1,7 %) par rapport au taux national qui est de 0,5 %. Cette situation est due à plusieurs problématiques notamment l’inaccessibilité des points de prestation qui sont au nombre de 43 (40 postes de santé et 3 districts sanitaires) dans la région. « Quand nous avions fait le point, nous étions à 27 %. Et concernant l’accessibilité géographique également, nous sommes à 13 %, même si nous avons des difficultés pour accéder à certains points de prestation », a déclaré le médecin-chef régional, Dr Cheikh Sadibou Senghor. Mais aussi, il y a les professionnelles du sexe qui passent souvent à l’action sans préservatifs au niveau des sites d’orpaillage, le recours précoce, l’état des routes impraticables durant l’hivernage ne couvrant que 13 postes de santé sur les 43. La région souffre également d’un manque criard de ressources humaines qui pouvaient rendre la chose facile. « S’il y avait des Ressources humaines suffisantes de qualité, beaucoup de choses pouvaient s’améliorer dans la région », a-t-il insisté. Avant de préciser : « Ce peu de ressources humaines que nous avons est très engagé et très motivé, même si certains agents qui arrivent sont souvent confrontés à des problèmes de logement ». Comme c’est une région très jeune, ce dernier de faire savoir qu’en termes d’infrastructures, il y a aussi beaucoup de choses à faire à ce niveau et les collectivités locales l’ont compris. Cette région qui ne dispose que d’un seul assistant social est confronté aussi à un problème de prise en charge des patients atteints par cette pandémie qui sont souvent perdus de vue à cause de la situation de nomadisme que vivent les orpailleurs qui se déplacent d’un lieu à autre selon la position annoncée de l’or. Dans la lutte contre ce fléau des stratégies sont avancées, comme le Conseil dépistage volontaire (Cdv).
155 patients prennent régulièrement leurs médicaments à Kédougou
Au niveau de Kédougou, les patients qui viennent régulièrement prendre leurs médicaments sont au nombre de 155 selon les chiffres de la dernière revue. Tandis que d’autres sont diagnostiqués et à certain moment ils sont perdus de vue. Selon Dr Moussa Ndiaye, médecin-chef de district sanitaire de Kédougou, et coordonnateur régional de la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/sida, la région qui compte trois districts sanitaires (Kédougou, Saraya et Salémata) a enregistré de nouveaux cas après cette revue. À Salémata le district de Kédougou compte 12 postes de santé dont un à Saraya qu’il couvre pour des problèmes d’accessibilité. Ce district couvre également la moitié de la population couverte de la zone, avec un plateau assez élevé où il y a un gynécologue, un chirurgien, un chirurgien dentiste et pas moins de quatre médecins généralistes.
Au niveau de Saraya, quelques soucis sont notés avec le décès de l’assistant social qui suivait régulièrement ses patients. Mais à Salémata, par ailleurs il y a 32 patients qui sont suivis régulièrement. Concernant la santé de reproduction, avec les femmes séropositives, pour l’année 2017, 7 enfants sont nés, suivis et indemnes. Mais le problème majeur c’est le suivi des patients qui sont souvent perdus de vue
22 patients sous ARV suivis à Saraya
À Saraya, qui est le dernier département à l’extrême sud-est du Sénégal peuplé de 59 714 âmes, et des étrangers dont les Nigérianes sont les plus nombreuses, 156 cas ont été enregistrés depuis l’existence du centre santé dont 22 patients sous ARV suivis. Ces derniers viennent régulièrement prendre leurs médicaments au niveau du district sanitaire, a déclaré Dr Evrad Kabou, médecin-chef de district de Saraya. Dans cette cohorte, une grande partie est constituée de professionnelles de sexe qui sont autochtones et dont le taux des suivies tourne entre 10 à 15 %. Dans cette localité de janvier à mars 2018, également, 818 cas de femmes enceintes qui ont fait le test de Vih et parmi elles, deux cas positifs sont détectés et sont mis sous ARV. Parmi ce lot, beaucoup d’entre elles sont des étrangères. Mais aussi il y a deux enfants séropositifs dont un est pris en charge et l’autre avec le refus de sa maman, il n’a pas pu être pris en charge. Dans cette zone la confidentialité est un grand blocage pour la prise en charge des patients.

Idrissa NIASSY/ Envoyé spécial à Kédougou

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