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Blanchiment des capitaux et financement du terrorisme :  Le secteur extractif, l’épine dorsale de 11 économies d’Afrique de l’Ouest

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a présenté hier son rapport de typologie 2018, sur le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme liés au secteur de l’industrie extractive et minière de l’Afrique de l’Ouest. Ce pendant, ce secteur demeure la principale source de devise et constitue l’épine dorsale de 11 à 15 économies des États d’Afrique de l’Ouest.

 

En Afrique de l’Ouest, le secteur extractif et minier demeure la principale source de devises et constitue l’épine dorsale de 11 des quinze économies des États de l’Afrique de l’Ouest, vu les nombreuses irrégularités qui y existent. Le secteur continue de se heurter à un ensemble complexe d’institutions réglementaires faibles qui peuvent être très sensibles à la corruption du fait de l’absence de garanties d’intégrité. L’ingérence politique inappropriée et la faible volonté politique de renforcer les cadres juridiques, de fournir des garanties ou d’améliorer la gestion ont perduré malgré les appels croissants en faveur de la bonne gouvernance dans le secteur extractif. Dans certains pays, la mauvaise gestion du secteur a fait perdurer l’insécurité et même déstabilisé les gouvernements. L’exploitation minière traditionnelle en Afrique de l’Ouest se fait par des méthodes formelles et informelles (illégales). Le rapport dont sept (07) typologies ont été identifiées sur les 28 affaires de blanchiment de capitaux et d’éventuel financement du terrorisme fournis par les autorités compétentes, a démontré qu’au Sénégal 53 milliards F CFA sont blanchis dans le secteur minier. Ce blanchiment est opéré à partir d’un bureau de change qui a été utilisé pour recycler les fonds pouvant provenir de la corruption, de la réception indue de commissions. En ce qui concerne le cadre juridique régissant les secteurs pétrolier, gazier, minier au Sénégal, e document a montré qu’il est inapproprié, sinon inadéquat. Comme dans la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest, le secteur extractif et minier a été lié aux flux financiers illicites provenant d’autre secteur notamment de la corruption, de l’évasion fiscale, de la fixation abusive des prix de transfert, de la contrebande, du vol, de la piraterie et d’autres méthodes illégales de génération de fonds illicites.

Équité et partage des revenus

Sur l’équité et partage des revenus, le rapport de typologie démontre que seule la Côte d’Ivoire a donné une réponse positive, tandis que le Burkina Faso, la Guinée, le Niger, le Nigéria et le Sénégal ont, quant à eux, donné des réponses « partielles ». En ce qui concerne l’obligation de rendre compte dans le secteur, seule la Côte d’Ivoire a fait état de l’efficacité de son dispositif de reddition de compte, tandis que le Burkina Faso, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal et le Togo ont, quant à eux, répondu que leur dispositif de reddition de compte est inefficace. Cette situation démontre que les efforts déployés au niveau international visant à garantir la transparence et l’obligation de rendre compte dans l’activité du secteur n’a pas encore donné de résultats dans la plupart des pays. À la question de savoir si, oui ou non, les revenus tirés de l’industrie extractive  ont  eu un impact sur la gouvernance, seuls les régulateurs et superviseurs issus de la Côte d’Ivoire, du Libéria, du Mali, du Nigéria et du Sénégal ont donné des réponses positives. Toutes les autres personnes interrogées estiment que l’impact a été faible voire inexistant.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

 

 

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