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Blanchiment des capitaux: La monnaie électronique, très exposée au financement du terrorisme

La monnaie électronique qui est un phénomène très répandu en Afrique, est devenue un moyen très efficace pour le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dans le monde. Cette révélation est du Directeur général du Giaba, Kimelabalou Aba, qui s’exprimait en marge d’une conférence internationale de presse pour faire le point sur les réalisations obtenues en 2018 par la structure qu’il dirige.

 

Même si la monnaie électronique est à la mode à travers le monde et en Afrique en particulier, elle n’est à jour sur le plan de l’encadrement juridique pour permettre à ceux qui l’utilisent d’éviter les risques liés à cette activité. Ce manque d’encadrement juridique a fait réagir hier le Directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), Kimelabalou Aba. Selon lui,

il est plus facile de commettre le blanchiment des capitaux à partir cette monnaie électronique. « La monnaie électronique est devenu le moyen le est plus facile pour financer les activités terroristes », a-t-il fait savoir. Avant de révéler que des études sont en train d’être conduites pour mieux comprendre leurs mécanismes et asseoir un encadrement juridique adéquat. A cela, s’y ajoutent les secteurs miniers et immobiliers qui font partie actuellement, dit-il, « des secteurs les plus vulnérables » à ce phénomène des temps modernes. Le Directeur général du Giaba s’exprimait en marge d’une conférence internationale de presse pour mettre en exergue les réalisations et les défis rencontrés dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Ce dernier a profité de cette tribune pour annoncer que le Sénégal le Cap-Vert et le Burkina Faso sont les trois pays qui ont vu leurs rapports adoptés. Parlant des évaluations nationales des risques, ce dernier d’indiquer que tous les pays ont bénéficié de l’action financière pour lancer leur évaluation nationale des risques. « En dehors de cela, le Giaba les accompagne en mettant à leur disposition des experts de son secrétariat pour leur permettre de conduire ces dites évaluations des risques », a-t-il explique. Comme l’objectif de cette institution est protéger de l’argent du crime les institutions financières et bancaires, les économies nationales des États membres contre le financement du terrorisme, il a déclaré qu’un rapport est disponible sur l’inclusion financière. Selon lui, un rapport déjà existant démontre qu’il existe une conjonction entre les blanchisseurs, ceux qui financent le terrorisme avec les trafiquants illicites d’or. « Le rapport a démontré entre ces quatre formes de trafic, qu’il y a un lient étroit entre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et l’exploitation de l‘or ainsi que son écoulement », note-t-il. En dépit de ces résultats de nombreux défis restent à relever notamment l’insuffisance technique des agents, l’insuffisance des traducteurs,  de certaines supervisions, le manque d’outil pour les personnalités compétentes, l’inexistence d’un encadrement juridique, entre autres. Pour les perspectives, Le Giaba préconise le recrutement de traducteurs dans les trois langues de travail (Français, Anglais, Portugais), le renforcement du cadre juridique, tout en améliorant les actions de coordination.

Prenant part à cette conférence internationale de presse, la présidente de la Centif, Ramatoulaye Gadio Agne, a rappelé que les niches de vulnérabilité des blanchiment de capitaux ne sauraient être connus si les pays ne font pas l’exercice d’évaluation nationale des risques. « C’est à travers cet exercice que chaque État doit connaître ses vulnérabilités, les menaces, en ce qui concerne le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », a-t-elle annoncé.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

 

 

 

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