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Maurice Soudieck Dionne sur le statut du chef de l’opposition: « C’est une question qui n’intéresse pas les sénégalais et qui n’est pas au cœur de leurs préoccupations »

Le débat sur le statut du chef de l’opposition qui a surgi ces temps ci dans la classe politique sénégalaise n’emballe pas l’enseignant chercheur en Science politique de l’université Gaston Berger de Saint-Louis, le Professeur Maurice Soudieck Dionne. Réagissant sur le sujet à la Rfm, M. Dionne tentera de répondre à une série de question du journaliste présentateur Souleymane Niang. Telles sont les questions posées à l’endroit de l’enseignant.  « Qui est le chef de l’opposition? Est-ce le leader du parti d’opposition le mieux représenté à l’Assemblée nationale? Est ce que celui qui est arrivé second ou deuxième à l’élection présidentielle ou tout autre critère? Embrayant l’affirmative, le chercheur en Science politique rappellera en substance: « Oui en réalité ma pensée, mon opinion sur la question du statut de l’opposition et du statut du chef de l’opposition c’est que tout simplement ce sont des questions de diversion et des questions superfétatoire car à la vérité depuis la constitution du 24 janvier 1959 jusqu’à celle du 22 janvier 2001, toutes les constitutions du Sénégal prévoient un titre de où les libertés publiques et les droits de la personne humaine sont très généreusement proclamés ». Poursuivant le Professeur Dionne martèle: « On n’a pas besoin de statut de l’opposition il faut d’abord commencer par respecter les droits et libertés que la constitution reconnait à l’opposition ». A l’en croire, « le problème ce n’est pas de verser dans une forme d’inflation normative en surchargeant le texte constitutionnel de référence au statut de l’opposition parce que si l’opposition ne s’oppose pas que va-t-elle faire donc il suffit juste de donner à l’opposition les moyens que lui reconnait la charte fondamentale de s’opposer à travers des droits à travers des libertés pour que cette opposition puisse mener bien son rôle dans une démocratique parce que c’est un rouage essentiel dans un système démocratique ». « Aujourd’hui cela nous renseigne sur le déficit de culture démocratique et la mauvaise foi des acteurs politiques qui sont toujours dans la manipulation à outrance des règles du jeu et dans les pratiques autoritaires de négation et de violation des droits de l’opposition et des opposants. Et cela nonobstant les deux alternances que nous avons obtenu en 2000 et en 2012; c’est la continuité c’est la perpétuation de ces pratiques anti démocratiques, pratiques oppressives et corruptibles qui nous renseignent justement sur les défaillances de notre démocratie », a souligné l’enseignant chercheur.

Toujours dans son intervention Maurice Soudieck Dionne rappellera : « Aujourd’hui on est dans une sorte de tripatouillage de complot sur le dos du peuple sénégalais par des acteurs politiques qui semblent prendre en otage le peuple et cela est inacceptable parce que c’est anti démocratique ». M. Dionne enchaînera pour le déplorer, « On ne peut pas aujourd’hui se réunir pour prendre le peu de ressources qu’il y a dans le pays pour les donner à ceux qui sont au pouvoir et qui s’illustrent en cela par la prédation par la corruption par le pillage et le gaspillage des ressources publiques ai moment où le peuple manque tout ». « Je crois donc ça c’est une question qui n’intéresse pas les sénégalais et qui n’est pas au cœur de leurs préoccupations », a-t-il fait savoir soulignant « il y a deux éléments essentiels qu’il faut poser par rapport à cela c’est la restauration de la confiance pour stabiliser, routiniser, institutionnaliser des règles royales de la compétition démocratique d’une part et d’autre part lutter contre le néo patrimonialisme c’est à dire cette tendance à user et à abuser selon le bon désir et le bon plaisir des tenants du pouvoir des biens des richesses de l’Etat ce qui est inacceptable ce qui est anti démocratique ».

Par Senpresse.net        

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