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Abdou Karim Sall sur l’exploitation abusive des forêts par la Gambie : « Il faut que la riposte s’organise à partir du territoire sénégalais »

N’ayant pas de forêt dans son territoire, la Gambie est devenu le premier producteur de bois de la sous-région à cause de la coupe illicite de bois dans les forêts sénégalaises de la Casamance, avec la complicité de certaines populations locales. Pour mettre fin à cette « pagaille »qui risque de priver les générations futures de forêts, le gouvernement du Sénégal à travers le ministère de l’Environnement compte mener une riposte cinglante.

 

Le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Abdou Karim Sall n’a pas fait dans la dentelle en décidant hier d’apporter une riposte cinglante aux coupeurs illicites de bois des forêts sénégalaises venant de la Gambie. Il y a quelques temps, on parlait des Chinois qui ont quitté la zone pour laisser place aux Gambiens qui pillent sans vergogne les forêts sénégalaises garnies dont 60% se trouvent à la frontière avec la Gambie. Mais, selon lui, pour mettre fin à cette pratique néfaste qui risque de priver les générations futures de forêts, une riposte doit s’organiser et prendra forme dans le sol sénégalais. « Il faut que la riposte s’organise à partir du territoire sénégalais, en mettant en place des stratégies de lutte fiables pour contrecarrer l’exploitation du bois en Gambie », a-t-il déclaré. Parce que dit-il, « c’est cette forme de riposte qui pérenne ». De l’avis du ministre de l’Environnement « Il faudrait pas que l’on sous-traite notre avenir ». Raison pour laquelle, des stratégies viables, des actions concertées doivent être mises en place pour barrer la route à ces malfaiteurs qui s’opèrent dans ces zones avec une forte complicité des populations sénégalaises. Une raison plus pour Abdou Karim Sall d’appeler les acteurs du terrain à porter ce combat. « Il faut que le combat se porte sur le terrain par tous les acteurs du terrain et par tout le monde, avec le soutien des forces de sécurité et de défense pour faire face à ceux que l’on peut considérer comme les ennemis de la forêt », a-t-il lancé. Avant de faire savoir que cette riposte n’enlève en rien la diplomatie sénégalaise en direction de la Gambie, car précise-t-il, « il pourrait qu’il y ait des actions diplomatiques » pour régler ce problème avec l’implication des populations. Le ministre de l’Environnement répondait à cœur ouvert aux préoccupations de Mamadou Mballo mandaté par l’Union nationale des coopératives des exploitants forestiers du Sénégal (Uncefs) lors de l’invitation qu’il a accordé aux présidents des coopératives des exploitants forestiers des 14 régions du Sénégal, dans le cadre de sa prise de contact avec les acteurs du secteur forestier. Il a profité de cette occasion pour annoncer le renforcement des effectifs des agents des Eaux et Forêts et d’augmenter leurs moyens logistiques et matériels, tout en promettant de visiter la pépinière de Kaffrine en ce mois d’août, avant la célébration de la Journée de l’arbre qui aura lieu cette année dans la région de Louga. Parlant de la régénération de la forêt comme le veut le chef de l’État dans l’Axe II du Pse, ce dernier de faire part que 50 000 emplois seront créés dans ce sens. Après les réunions de sécurité qui se tiennent tous les deux mois dans une des régions les plus touchées par ce phénomène de coupe illicite de bois (Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Tambacounda et Kédougou), M. Sall a promis également de se rencontrer tous les deux mois avec l’Uncefs dans une région pour mettre les pendules à l’heure.

Le ministre était interpelé par Mamadou Mballo sur les l’exploitation illicite du bois dans les zones frontalières avec la Gambie où nos forêts sont assaillies de plus belle dans cette zones avec la complicité des nouvelles autorités gambienne qui ont autorisé la réouverture de l’exploitation du bois de vène à partir du port de Banjul. Mais aussi, ils ont appelé le ministre à demander au président de la République Macky Sall à revenir sur la décision interdisant en 2018, l’exploitation du bois aux organismes sénégalais pour le ravitaillement licite du pays.

Une usine de conditionnement pour lutter contre les C.C

Toujours dans son discours, Mamadou Mballo, a demandé au ministre de l’Environnement, dans le cadre d’une exploitation saine et rationnelle des ressources naturelles et d’adopter les bonnes pratiques de leur gestion et le respect des prescriptions éditées dans le plan d’aménagement, à visiter leur unité de conditionnement du charbon de bois dont les travaux sont réalisés à 60 % afin de trouver les moyens de terminer lesdits travaux. La construction de cette unité était programmée à 250 millions F CFA par le Projet de gestion durable et participative des énergies traditionnelles  et de substitution (Progede). Une demande qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, puisque Abdou Karim Sall a promis de les venir en aide afin de régler le problème de sachets plastiques dont la loi sera appliquée dans sa rigueur pour les utilisateurs. « Je ferai une visite à Bargny pour constater l’avancée des travaux de cette unité pour trouver des solutions aux blocages », a-t-il dit, tout en promettant d’apporter de l’aide en matériel aux femmes exploitantes forestières.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

 

Une pensée sur “Abdou Karim Sall sur l’exploitation abusive des forêts par la Gambie : « Il faut que la riposte s’organise à partir du territoire sénégalais »

  • 25 juillet 2019 à 10:46
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    Sincèrement nous avons un problème avec nos produits forestiers. Comment dans un pays si peu vaste que le nôtre s’émouvoir toujours de la déforestation doublée d’un trafic de bois vers la Gambie? Quel est le problème ? Soyons serieux! Le pays a suffisamment de moyens capables de resoudre cette equation en 24h si la volonté politique y est malgré tous les discours.

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