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Conquête du marché des fraises : Les producteurs sénégalais ambitionnent de faire du Sénégal le 2ème exportateur africain d’ici 5 ans

Méconnue des Sénégalais, il y a quelques années, la culture des fraises est en train de gagner du terrain et est prête à se lancer dans le marché africain. Mais d’ici 5 ans, les acteurs de la filière comptent booster le secteur. Ce qui permettra au Sénégal d’être le 2ème pays exportateur de fraises en Afrique derrière le Maroc.

 

Après plusieurs essais qui ont voué à l’échec, Thierno Souleymane Agne, agronome de formation, a décidé de mettre en place depuis 2016, un Start Up dénommé FraiSen qui évolue dans la production et de la commercialisation de la fraise au Sénégal et en Afrique de façon générale. Depuis lors, les surfaces de production ont connu un accroissement. Ce qui a permis actuellement à FraiSen de faire un chiffre d’affaires 1,4 milliards F CFA. Toutefois, les acteurs de cette filière méconnue des Sénégalais sont en train  de tout faire pour positionner le Sénégal comme 2ème pays exportateur de fraises d’Afrique derrière le Maroc et 6ème producteur au monde. « Au début nous avons injecté 18 millions sur hectare pour la culture de fraises et on n’a rien récolté. Mais nous n’avons pas baisser les bras en changeant de méthode de travail et en investissant 25  millions F CFA en 1996. Au bout de six mois, on a commencé à avoir des commandes venant de partout », a expliqué le co-fondateur de FraiSen. Selon lui, à l’heure actuelle, l’entreprise a une commande de 10 tonnes de fraises par semaine avec un objectif de 240 tonnes en 2020. Ce qui est à l’origine du lancement du Réseau FraiSen, pour pouvoir répondre à la forte demande africaine. L’idée de cette entreprise, a-t-il fait savoir, c’est d’essayer d’organiser la filière fraise en se rapprochant des agriculteurs, mais aussi  d’accompagner les autres producteurs qui n’ont pas la connaissance dans la formation, dans la production, en regroupant toutes leurs productions pour les  commercialiser avec le label FraiSen qui est devenue une entreprise africaine. Il s’exprimait lors de la 12ème édition des FuckUp Nights qui sont des soirées autour de l’échec et du rebond entrepreneurial qui permettent à des entrepreneurs de raconter leurs expériences d’échec et de partager publiquement les leçons apprises. Durant cette rencontre organisée par la Fondation Friedrich Naumann collaboration avec l’ADEPME, le technicien en horticulture a convaincu que la filière a beaucoup de chance de prospérer au Sénégal. « Actuellement, elle est devenue la filière vedette avec un potentiel énorme », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, on est en train de connaître le Sénégal grâce à la fraise ». Pour être plus fort, dira-t-il, « nous avons décidé d’aller en groupe pour solidifier la production ». Ce qui fait que le Réseau compte actuellement 450 agriculteurs et a pour objectif d’ici 5 ans de créer 5 000 emplois directs et 15 000 emplois indirects, grâce à la mise en œuvre de stratégies qui le permet de pratiquer la culture de fraises toute l’année avec le développement des serres. M. Agne a profité cette tribune pour déplorer l’absence de soutien des autorités à cette filière. « Nous n’avons pas le soutien du ministère de l’Agriculture, ni des autorités étatiques depuis le lancement de cette filière au Sénégal », s’indigne l’agronome de profession. Pour Siny Samba, co-fondatrice et Directrice générale de l’entreprise Le lion club qui s’active dans la fabrique d’aliments nutritionnels pour enfants, « l’entreprenariat est un chemin parchemin de difficultés et de réussite ». Dans sa présentation, elle a appelé à la valorisation de nos produits locaux en les rendant bio, parce que, dit-elle, les bébés sont très fragiles.

Joe Holden, Directeur Afrique de l’Ouest Fondation Friedrich Naumann, prenant la parole, a fait savoir que le libre  marché est une de leurs priorités. Raison pour laquelle le FuckUp est mis en œuvre non seulement pour la promotion des idées libérales, de l’entreprenariat, mais il est une stratégie mise en place pour booster les entreprises sénégalaises. « Au Sénégal, il y a encore un grand potentiel pour les jeunes entrepreneurs. Mais, la bureaucratie est un frein pour le développement de  l’entrepreneuriat des jeunes », a-t-il signalé.

 

Par Idrissa NIASSY/Senpresse.net

 

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